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L’ Unimog 416 Doka en voyage

samedi 12 mars 2005.
 
6600 kms en 416 Doka - Quel régal !

Après un embarquement à Sète et un débarquement à Tanger sans ennuis, nous voila partis Clément, Gilles, José et moi pour convoyer un 416 double cabine au Niger via Maroc, Mauritanie et Mali.

Le parcours - 159.9 ko
Le parcours
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Embarquement à Sète - 66.9 ko
Embarquement à Sète
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Atterrissage Tanger - 49.7 ko
Atterrissage Tanger
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Ferry Tanger - 28.2 ko
Ferry Tanger
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L’asphalte, bien que très glissant le long de la côte, nous mène sans ennuis dans le grand sud marocain, le long de cette côte bordée d’épaves drossées par les tempêtes. Une station de lavage nous servira d’abri pour dormir.

Le camion se comporte bien malgré la chaleur encore à cette époque (mi-octobre). La sonde de température oscille entre 80 et 110 degrés mais il est vrai que nous ne ménageons pas la mécanique bien préparée par José qui rapidement nous explique comment diminuer la température moteur en placant celui ci sous charge.

Les étapes sont de 550 kms par jour, avec des arrêts casse croute malgré le ramadan. La vitesse dépasse 100 kms/heure lorsque nous roulons. La température à l’intérieur de la cabine est de 50 degrés... Les décibels n’empêchent pas José et Gilles de dormir, munis de leurs protheses auditives.

Poste de pilotage - 54.2 ko
Poste de pilotage
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Nous arrivons donc rapidement en Mauritanie. A l’intérieur, avec 4 personnes à bord, il n’y a pas de place de trop... Les sacs sont sanglés au milieu de la banquette arrière, la galerie ayant été fabriquée au dernier moment et réservée à l’humanitaire. Nous alternons mauvaise piste et bon asphalte qui nous conduiront à nouadibou, ou nous entreprenons de menus travaux tel que renforcement de la galerie et brasure du réservoir d’origine qui suinte (légère fente sur la pliure). 1 jour et demi de repos n’est pas de trop. Nous décidons de nous arrêter au camping chez Momo.

Frontière Mauritanienne - 106.2 ko
Frontière Mauritanienne
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Chez MoMo - 72.6 ko
Chez MoMo
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Nous repartons sur nouatchok pour récupérer nos visas du Mali, avant de prendre l’asphalte jusqu’à Néma. La température avoisinne maintenant les 50 degrés dehors et une dizaine de plus dans le camion. Tout le monde est Ko. Les bouteilles d’eau fraiche défilent comme les kilomètres. Notre attention doit se porter sur les animaux qui traversent la route et jonchent l’asphalte dans une puanteur redoutable(chiens-chèvres-anes-boeufs).

Gilles est pressé de livrer son chargement de deux tonnes et demie de ferraille qui occuppe la benne arrière, nous manquons quelques contrôles de police qui sont terrés à l’ombre de leur casemate. Les 250 sylos bic emmenes nous faciliteront la tache lors des frequents barrages ; ils se substitueront avec la feuille de route que nous avons préparé sur les conseils d’Alain Brignol à la présentation des passeports. Nous gagnons ainsi un temps precieux.

Nous arrivons à Néma, dernière bourgade avant d’attaquer les choses sérieuses (près de 3000 kms de piste nous attendent pour joindre le Niger). Nous effectuons le plein des réservoirs eau et gas-oil. impossible de rajouter les 800 litres de gas oil comme prévu. Arrivé à 400 litres, le deuxième réservoir refuse de se remplir. nous devons donc mettre le camion dans des positions incroyables pour rajouter quelques gouttes du précieux liquide qui ici ne coute pas cher. Je maudis Archimède et son principe. Nous jardinons pour trouver la piste qui doit nous conduire à Bassikounou. qu’à cela ne tienne, plantons là le bivouac, demain sera un autre jour...

Le lendemain, nous levons le camp vers 7h30 car une belle étape nous attend pour rejoindre Bassikounou puis Lerneb à la frontière Malienne. La route que nous avons tracé le soir n’existe que sur la carte. En effet très rapidement les traces s’estompent et nous sommes contraints de naviguer à travers une végétation de plus en plus dense sur un terrain très accidenté. Notre vitesse ne dépasse pas 20 km heure. Puis les passages deviennent infranchissables. Nous décidons de changer de cap à la recherche d’une autre piste, n’hésitant pas malgré le manque de place dans la cabine, à charger un autochtone trouvé au hasard d’un village. Celui ci finira par nous égarer. Nous nous retrouverons 5 heures plus tard à notre point de départ.

Nous changeons notre itinéraire et tentons de rattraper le temps perdu, mais la forte tôle de notre nouvelle piste a vite raison de tout ce qui est déserré. La batterie pendouille à moitié en dehors de son coffre et n’est plus retenue que par une cosse. Le feu arrière gauche pendouille au bout de son fil. Nous attachons tout cela avant de tout perdre. Nous sanglons la grande bouteille d’air afin de la soulager. Une seule patte de soutien, c’est pas génial avec les vibrations.

Nous n’arriverons que le lendemain soir vers 17 heures à une quarantaine de kilomètres de la frontière. Nous décidons de planter le campement non loin de la piste ou nous n’avons encore pas croisé un véhicule depuis maintenant deux jours. La nuit est tombée, le campement installé, le repas pris ainsi que la douche. Nous entendons un ronronnement qui se rapproche. Un véhicule 4x4 de contrebandier de cigarettes en descend pour nous dire de ne pas rester là, car la zône n’est pas sécurisée et propice à une attaque. Après concertation, nous décidons de tout plier et de rouler de nuit sur cette psite bordée d’accacias qui nous arrachent la bâche sur la galerie de toît. Les 40 kms sont épuisants. José est au volant. La chaleur est omniprésente ainsi que le stress de voir se dresser un barrage devant nous en pleine nuit. Finalement nous atteindrons Lerneb ou nous dormirons près du poste de douane en toute sécurité en attendant de faire les formalités le lendemain. En attendant que le poste de douane ouvre, nous étudions la route à suivre et envoyons un tracé détaillé sur le gps.

C’est là que cela se corse car depuis longtemps, ce n’est plus un poste frontière (nous le savions) Cela ne semble pas poser de problème aux douaniers mais en poser aux quelques militaires qui sont là en poste avancé. Ils refusent de nous tamponner les passeports, mais ils nous établiront un document comme quoi nous nous sommes signalés sur leur territoire. Ils enverront un message radio à Tombouctou pour faire part de notre passage. Nous voila clandestins au Mali ! Mais une seule chose nous fait maintenant vibrer : Arriver à "Tombouctou la mystérieuse" !

Tampon Lerneb - 38.2 ko
Tampon Lerneb
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Il nous faudra deux jours pour rallier Tombouctou. La piste est bonne, parfois resserrée entre deux ornières parfois large de 300 mètres. Impossbile de se perdre malgré le peu de fréquentation. Nous ne croiserons pas un véhicule en deux jours.

Tombouctou s’étale devant nous mais il fait nuit. La déception est grande... Nous ne la découvrirons que le lendemain après avoir passé la nuit à la belle étoile sur la terrasse de l’hotel tant la nuit était chaude.

Mosquée Tombouctou - 75.2 ko
Mosquée Tombouctou
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Arrivée à Tombouctou - 65 ko
Arrivée à Tombouctou
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Le lendemain, après s’être présenté aux autorités pour faire viser nos passeports, nous visitons rapidement la ville. Il est déja presque midi quand nous reprenons la piste pour Gao. Elle va suivre le fleuve Niger sur sa rive gauche, tantôt en s’en éloignant, tantôt en s’en rapprochant.

Celle ci est extremement ensablée et nous avons bien besoin parfois d’utiliser les réducteurs malgré la pression des pneus que nous avons descendu à 2 kgs depuis Bassikounou, ou la caillasse avait fait place au sable mou.Une piste désertée de toute vie humaine et animale car depuis la réalisation de la portion asphaltée qui passe par le Burkina, celle ci n’est plus empruntée que par quelques fadas comme nous ... car de surcroit nous sommes seuls, pas d’autre véhicule nous accompagnant. Mais le risque est calculé, car la confiance en les hommes et en la machine n’a pas de bornes...

A la nuit tombante, nous dépasserons un village ou nous pourrons acheter du pain. Nous dormirons quelques kilomètres plus loin. Mais les lumières éclairant notre modeste campement attirent vite quelques autochtones qui partageront notre repas. Elles attireront aussi les moustiques. Les deux "Oumouzungou" devront monter une moustiquaire de fortune. Visiblement la pension était bonne puisque au matin, les enfants du village viendront pour le petit déjeuner. La distribution de stylos accomplie, nous reprendrons la route pour gao, ville grouillante que nous atteindrons en milieu de matinée.

Cette ville voit les avions de Point Afrique se poser régulièrement depuis quelques années et apporter son flot de tourisme organisé. Un racket s’est donc organisé autour de tout cela et il est impossible de se balader tranquillement dans la ville sans être harcelé même accompagné d’un pseudo guide local qui a lui même du mal à se faire respecter de ses compatriotes. En effet il est très mal vu de ne pas partager le gateau si petit soit-il. Nous sommes pressés de la quitter et nous nous gardons bien de donner notre destination. Au contraire nous laissons croire à tout le monde que nous nous rendons en Algérie (à l’opposé). La forte tôle ondulée qui revêt la piste menant à la frontière nigérienne s’enfonce dans des gorges étroites et est propice à une embuscade. Nous sommes sur nos gardes, en effet des bandits de grands chemins sillonnent cette zône de jour comme de nuit détroussant les voyageurs y compris de leur véhicule. Ce n’est que vers 17 heures que nous atteindrons Ayorou, frontière Nigérienne. Celle ci fermant à 18 heures, nous arrivons à la franchir par un tour de passe passe. Le no man’s land qui sépare les deux pays est effroyable. La piste est complètement défoncée. Nous réduisons notre allure à 15 km/h de crainte de tout casser. Malgré cela nous tombons dans un trou caché derrière un buisson d’épineux que nous ne prenons même plus le temps d’éviter. Le choc est impressionnant, ma portière passager s’ouvre, tout le monde tape le pavillon de la cabine, le chargement derrière tressaute, les vis métaux du plancher lit s’arrachent des ferrailles ou elles sont vissées et le tirant arrière gauche de la benne se casse. Après inspection, nous continuons et réduisons encore notre allure la nuit tombant.

Nous continuons notre route de nuit car nous sommes pressés de quitter ce no man’s land qui nous parait inhospitalier. Après quelques kilomètres de piste nous atteignons le goudron. Le bivouac est planté dans un champ en bordure de route. Rapidement nous découvrons que nous ne sommes pas seuls. Les moustiques y ont aussi élu domicile. Nous bataillerons toute la nuit malgré la moustiquaire. Au petit matin, nous entreprenons le démontage de la tôle de protection du réservoir qui s’est remis à fuir la veille. Nous tentons de le colmater mais ni la pâte à souder ni les bonnes vieilles méthodes africaines comme le savon et le sable n’y parviendront. Notre consommation avoisinera 35 L/100 sur les 1200 derniers kilomètres qui nous séparent maintenant d’Agadez. Qu’importe, il nous reste encore quelques centaines de litres embarquées à Néma. Par précaution, nous rajouterons une centaine de litres en route dont nous n’aurons pas besoin. Nous passons la nuit suivante à Tahoua puis repartons le lendemain vers 9 heures pour Agadez que nous atteindrons à 13 heures.

Arrivé à Agadez, il restait encore 180 litres dans les réservoirs. Notre consommation sur le parcours s’est élevée malgré les fuites à 19 litres au 100.

Parti de france le 16 octobre, nous toucherons au but le 03 novembre soit 18 jours plus tard.

De joie, José embrasse le panneau !

Nous devions convoyer l’unimog. C’est lui qui nous aura amené à bon port...




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